Les joueurs maghrébins en équipe de France
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63 internationaux originaires d’Afrique du Nord : Sept génération de joueur d’exception (1924-2014)

« Porter le maillot bleu, mon premier hymne national, être regardé, c’était émouvant. »

Sabri Lamouchi, Libération, 1996

63 joueurs venus d’Afrique du Nord ont participé à cette belle épopée qu’est l’équipe de France. Ces hommes, qu’ils soient Arabes, Européens, Kabyles ou issus de l’immigration par leurs parents ou grands-parents, ont su porter fièrement le maillot tricolore. La première génération de joueurs, composée essentiellement d’Européens d’Algérie, a eu le privilège de participer à la première édition de la Coupe du monde 1930 en Uruguay sous la conduite d’Alexandre Villaplane, et avec le célèbre Ernest Liberati. La deuxième génération voit arriver dans ces rangs les premiers Algériens ainsi que l’illustre Larbi Ben M’Barek. Malgré tous ces talents et la présence de joueurs pieds-noirs comme Emmanuel Aznar (le buteur de l’OM) ou Michel Brusseaux du FC Sète, l’équipe de France ne parvient pas à s’imposer sur le plan international.

 

La troisième génération, celle de l’après-guerre au début des années 1960, reflète la mixité de la société française et la fin du temps des colonies. En effet, l’équipe de France compte huit pieds-noirs d’Algérie, huit Algériens, trois Marocains et un pied-noir du Maroc, Just Fontaine, le recordman de buts en phase finale de la Coupe du monde 1958. Il n’y aura que six joueurs « rapatriés » au cours de la quatrième génération, notamment Serge Chiesa, Gérard Soler et Jean- Paul Bertrand-Demanes, en ce temps post-colonial.

 

Il faut attendre 1976, date de la sélection de Farès Bousdira, pour voir réapparaître un joueur maghrébin dans l’équipe nationale aux côtés de cinq autres pieds-noirs qui marqueront de leur brio cette cinquième génération, notamment Jean-François Larios, Philippe Anziani, William Ayache et Christian Lopez. Les années 1990 et la sixième génération symbolisent l’arrivée de joueurs issus de l’immigration, avec Zinédine Zidane en 1994 et Sabri Lamouchien 1996. La septième génération, celle des années 2000, est marquée par la « génération 1987 » et notamment par Karim Benzema, la nouvelle star du Real de Madrid qui suit les traces de Zidane et Ben M’Barek en Liga espagnole.

 

  • 1924-1935 Première génération (13 joueurs) Le temps des Européens d’Algérie

  • 1935-1945 Deuxième génération (9 joueurs) Les premiers Algériens et Marocains

  • 1945-1961 Troisième génération (20 joueurs) Onze joueurs maghrébins en sélection nationale

  • 1961-1975 Quatrième génération (6 joueurs) La génération des « enfants de rapatriés »

  • 1975-1994 Cinquième génération (7 joueurs) Deux décennies d’invisibilité

  • 1994-2004 Sixième génération (2 joueurs) De Zinédine Zidane à la première étoile

  • 2004-2014 Septième génération (6 joueurs) Les « enfants de l’immigration »

© Franck Fife/AFP
© Franck Fife/AFP

Karim Benzema, 2008.

© Collection Lionel Laget/L'Equipe
© Collection Lionel Laget/L'Equipe

L’Équipe de France pour des répétitions lors de la Coupe du Monde, 1930.

© Presse Sports L’Équipe
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Jean-Paul Bertrand-Demanes et l’Équipe de France, Pologne-France, 1974.

© Franck Fife/AFP
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Karim Benzema, 2008.

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