Ces Bleus venus d'Europe
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150 joueurs d’origine européenne : sept générations de prodiges  

« Ma jeunesse s’est toujours déroulée dans l’ambiance arménienne, même si depuis on s’est fondu dans le paysage. »

Jean Djorkaeff, 1996

L’histoire de l’équipe de France de football ne peut se concevoir sans l’apport multiple de l’immigration européenne. Près de 25 % des joueurs internationaux ont un parent ou un grand-parent originaire d’un des pays européens ou ont eux-mêmes été naturalisés après avoir migré en France. Ces internationaux issus de l’immigration européenne ont arboré le maillot des Bleus de la Coupe du monde 1930 en Uruguay à celle de 2010 en Afrique du Sud. Le premier joueur d’origine étrangère à intégrer l’équipe de France sera, le Franco-Belge Maurice Vandendriessche, s’ensuivront plusieurs générations de joueurs originaires de Suisse, d’Espagne, d’Italie, de Pologne ou encore d’Arménie. Ces jeunes prodiges originaires de toute l’Europe ont permis à la France de vivre de grands instants de football.

 

Bien souvent, on ignore les origines européennes de grands joueurs qui ont intégré l’équipe de France et porté fi èrement le maillot tricolore. Les frères suisses Romano et l’Italien Georges Geronimi ont fortement marqué l’équipe de France au début du XXe siècle. L’Espagnol Manuel Anatol, le Roumain Joseph Kaucsar, le Yougoslave Yvan Beck et le Lorrain-Alsacien né Allemand, Willy Lieb, prendront ensuite la relève. L’Italo-Luxembourgeois, Julien Darui, élu « gardien du siècle » par le journal L’Équipe en 1999, fut l’un des rares joueurs à être de nouveau sélectionné après-guerre. Entre 1948 et 1958, l’équipe nationale est constituée d’une véritable pléiade de stars comme Raymond Kopa, Maryan Winieski ou Roger Piantoni qui font la une de la presse. Jean Djorkaeff d’origine kalmouke de Russie, brillant défenseur latéral portera le brassard de capitaine dans les années 1960. Son fi ls, Youri Djorkaeff, sera l’un des champions de 1998. Conduit par Michel Platini, d’origine italienne et par l’Espagnol Alain Giresse, la France remporte l’Euro 84. D’autres joueurs viennent renforcer l’équipe tricolore et construire le mythe, comme l’Espagnol Luis Fernandez puis l’Italo-Espagnol Éric Cantona. Dans les années 1990, l’équipe de France s’ouvre, à l’image du pays, à de nouveaux fl ux, portugais notamment avec Robert Pirès. L’équipe de France en 1998 doit beaucoup de son succès à ses quatorze joueurs issus de l’immigration, dont sept d’origine européenne. En 2010, lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, l’origine des joueurs va se fonder dans une multiplicité de parcours, signe d’une diversité symbole des identités françaises croisées. En 2014, la sélection du Mondial est toujours aussi hétérogène avec plus de deux tiers des joueurs de l’équipe de France d’origines étrangères que certains vont présenter comme des « racailles », dont deux d’origine européenne.

 

  • 1908-1918 Première génération (7 joueurs) Le temps des pionniers

  • 1918-1938 Seconde génération (25 joueurs)  (et 4 Sud-Américains) L’Entre-deux-guerres

  • 1938-1948 Troisième génération (16 joueurs) La décennie charnière

  • 1948-1958 Quatrième génération (23 joueurs) La génération magique

  • 1958-1975 Cinquième génération (37 joueurs) (et 4 Sud-Américains) Les occasions manquées

  • 1975-1987 Sixième génération (16 joueurs) Le temps des victoires

  • 1987-2014 Septième génération (25 joueurs) (et 1 Sud-américain) Le temps du creuset français

© Fonds Excelsior/ Presse Sports
© Fonds Excelsior/ Presse Sports

Stage de l’équipe de France, photographie de presse, 1938.

© Papon, Presse Sports
© Papon, Presse Sports

La France victorieuse à l’Euro, photographie de Papon, 2000.

© Gérard Julien / AFP
© Gérard Julien / AFP

Alain Boghassian, 2008

© Fonds Excelsior/ Presse Sports
© Fonds Excelsior/ Presse Sports

Stage de l’équipe de France, photographie de presse, 1938.

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