Ces Bleus venus d'Europe
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Le creuset des Bleus : de la nouvelle vague a la génération Platini (1958-1984).

« Je suis donc d’origine italienne. Mais jamais je ne me suis senti un immigré. Mieux que quiconque, je mesure l’honneur de la nationalité d’adoption de ma famille. »

Michel Platini, 1984

La période qui s’ouvre après la Coupe du monde 1958 s’avère, pour les Bleus, remplie d’occasions manquées. Leur seul titre de gloire au cours des années 1960 est leur participation à la Coupe du monde 1966. Pourtant, entre 1958 et 1975, 37 joueurs issus de l’immigration européenne joueront sous le maillot tricolore : la seconde génération d’immigrés italo-polonais, épaulée par des Espagnols, est omniprésente dans l’équipe. Bruno Rodzik, d’origine polonaise, Fleury Di Nallo (10 sélections) ou Georges Bereta (44 sélections), tous deux d’origine italienne, font partie de ces 95 % d’internationaux, d’origine étrangère, nés en France et qui ont marqué cette époque. En 1964, est sélectionné, pour la première fois en équipe de France, Jean Djorkaeff (48 sélections), d’origine arménienne, dont le fils de Youri sera l’un des champions de 1998.

 

À partir de 1975, une nouvelle génération émerge, issue de l’immigration et née en France, qui va écrire l’une des plus belles pages de l’histoire de l’équipe de France. C’est le temps des victoires qui débute pour une équipe menée par Michel Platini, considéré comme le meilleur joueur du football français. D’origine italienne, véritable porte-drapeau national, triple ballon d’or de 1983 à 1985, double demi-finaliste des Coupes du monde 1982 et 1986, son parcours symbolise l’épopée des Bleus dans les années 1980. Seize joueurs exceptionnels issus de l’immigration, italiens et espagnols surtout, dominent la sélection nationale. Le fameux « carré magique » qui permet à l’équipe française de remporter son premier titre international, l’Euro 84, contre l’Espagne, est principalement composé d’hommes d’origine étrangère : les Italiens Michel Platini (72 sélections entre 1976 et 1987) et Bernard Genghini (27 sélections entre 1980 et 1986), l’Espagnol Alain Giresse (47 sélections entre 1977 et 1986), et Jean Tigana. D’autres joueurs viennent renforcer l’équipe tricolore et construire le mythe, comme les Espagnols Fernandez ou Amoros.

 

  • 1959 Raymond Kopa est Étoile d’or France Football (ainsi qu’en 1960)

  • 1960 Première sélection de Bruno Rodzik (21 sélections)

  • 1962 Fleury Di Nallo est appelé en équipe de France

  • 1964 Première sélection de Jean Djorkaeff (48 sélections)

  • 1964 Des Sud-Américains en Bleus (Rambert, Combin, de Burgoing)

  • 1973 Raymond Domenech, issu de l’immigration catalane, entre en équipe de France

  • 1975 Première sélection de Christian Lopez, Algéro-Espagnol, symbole des « rapatriés »

  • 1976 Michel Hidalgo devient sélectionneur de l’équipe de France

  • 1976 Première sélection de Michel Platini (72 sélections)

  • 1977 Première sélection d’Alain Giresse et de Patrick Battiston

  • 1982 Première sélection de Luis Fernandez et de Manuel Amoros, symboles de l’immigration espagnole

  • 1982 Manuel Amoros, meilleur jeune joueur de la Coupe du monde 1982

  • 1983 Premier Ballon d’or de Michel Platini (qu’il remporte également en 1984 et 1985)

  • 1984 La légende Platini et l’Euro du « carré magique »

© Pichon/Presse Sports
© Pichon/Presse Sports

L’Équipe de France lors du match amical France-Angleterre (de gauche à droite, debout : le 2e Manuel Amoros, le 7e Luis Fernandez ; assis : le 2e Alain Giresse et le 4e Michel Platini), photographie de Pichon, 1984.

© Rue des Archives/ AGIP
© Rue des Archives/ AGIP

Les footbolleurs français à Orly avant de leur départ pour Belgrade, pour le match contre la Yougoslavie en Coupe d’Europe des Nations (de gauche à droite, Bousquier Aubour, Esteve et Fleury Di Nalio), photographie de presse, 1968.

© Pichon/Presse Sports
© Pichon/Presse Sports

L’Équipe de France lors du match amical France-Angleterre (de gauche à droite, debout : le 2e Manuel Amoros, le 7e Luis Fernandez ; assis : le 2e Alain Giresse et le 4e Michel Platini), photographie de Pichon, 1984.

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