Ces Bleus venus d'Europe
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D’Europe et Amérique du Sud : d’où venaient-ils ?

Les vagues migratoires présentes dans l’Hexagone trouvent un écho dans le parcours des joueurs de l’équipe nationale de football. Ces joueurs, issus des trois vagues de l’immigration européenne — Europe du Sud, de l’Ouest et de l’Est — ainsi que de la vague d’immigration des Sud-Américains, ont arboré le maillot des Bleus depuis la Coupe du monde 1930 et depuis la première génération des Bleus (1908) ; ils ont marqué chaque génération du football français. La vague d’immigration de l’Europe de l’Ouest se ressent dès les premières années du football en France au sein de l’équipe nationale. Cette première vague se concentre autour de la Belgique avec Maurice Vandendriessche et de la Suisse avec les frères Romano. Arrive très vite celle des Européens du Sud avec l’Italie représentée en 1911 par Georges et Charles Geronimi. Ces arrivées coïncident avec l’émergence de la pratique du football dans les grandes régions d’immigration comme l’Italie et la Lorraine, qui sont les premières à promouvoir le football avant la Grande Guerre. Il faudra attendre l’entre-deux-guerres, pour voir les premiers joueurs originaires d’Amérique du Sud intégrer l’équipe de France. Le premier d’entre eux, l’Argentin Andrès Chardar, porte douze fois le maillot frappé du coq entre 1930 et 1933. À la veille de la Seconde Guerre mondiale et suite à l’Anschluss, l’équipe de France accueille une troisième vague d’immigration — d’Europe de l’Est — avec une majorité de joueurs austro-hongrois comme Rodolphe « Rudi » Hiden, fuyant le régime politique de leur pays. Entre 1948 et 1958, l’équipe nationale comprend une nouvelle équipe principalement issue des grandes vagues migratoires italienne et polonaise qui se concrétise par l’arrivée de Raymond Kopa (1952) et plus tard de Michel Platini (1976). Dans les années 1980, seize joueurs majeurs, issus des immigrations italiennes et espagnoles, dominent la sélection nationale, comme Fernandez ou Ferreri, et ouvrent la voie à la dernière génération, celle du creuset français, où les origines migratoires se fondent dans un destin commun.

 

  • 1908 Maurice Vandendriessche, premier joueur franco-belge à intégrer l’équipe de France

  • 1911 Georges Geronimi, premier joueur d’origine italienne sélectionné en équipe de France

  • 1929 Manuel Anatol, premier joueur d’origine espagnole sélectionné en équipe de France

  • 1930 Andrès Chardar, premier joueur sud-américain sélectionné en équipe de France

  • 1931 Joseph Kaucsar, premier joueur d’origine roumaine, sélectionné en équipe de France

  • 1933 Roger Courtois, premier joueur d’origine suisse, sélectionné en équipe de France

  • 1935 Edward Wawrzeniak (dit « Wagi »), premier joueur d’origine polonaise en équipe de France

  • 1935 Yvan Beck, premier joueur d’origine yougoslave sélectionné en équipe de France

  • 1936 Laurent Di Lorto, premier international issu de l’immigration italienne, né en France

  • 1938 Gustav Jordan, premier joueur austro-hongrois sélectionné en équipe de France

  • 1944 Yanek Swiatek marque le début de la génération des Polonais d’après-guerre

  • 1964 Des Sud-Américains en Bleus (Rambert, Combin, de Burgoing)

  • 1964 Première sélection de Jean Djorkaeff, joueur d’origine kalmouke de Russie

  • 1986 Le temps des Espagnols avec Fernandez et Amoros

  • 1988 Le temps des Italiens avec Di Meco, Martini, Casoni et Cantona

  • 1996 Le temps des Portugais avec Martins, Pedros et Pirès

  • 2014 Le temps des deuxième et troisième générations

© Presse Sports/ DR
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Match France-Luxembourg, photographie de presse, 1938.

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Match France-Luxembourg, photographie de presse, 1938.

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