Sports et diversités en France
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La génération « Black-Blanc-Beur » (1990-1999)

« Ce soir je serai fier d’être Français… »

Zinédine Zidane, 1998

Le début des années 90 est marqué par la dernière organisation simultanée des Jeux olympiques d’hiver et d’été, à Albertville et Barcelone en 1992. La décennie s’ouvre avec le succès des patineurs artistiques, les Duchesnay, frère et soeur d’origine canadienne, qui conquièrent de haute lutte la médaille d’or au championnat du monde en 1991 à Munich ou Surya Bonaly qui remporte cinq titres de championne d’Europe de 1991 à 1995. Les sports collectifs, notamment le basket-ball et le rugby, sont désormais au centre de l’attention. L’équipe féminine de Bourges de basket —composée entre autres de la Russe Elena Khoudashova, élue deux fois meilleure étrangère du championnat, et de la Slovaque Anna Kotocová, meilleure joueuse de la finale 1998— domine le basket européen, gagnant par deux fois l’Euroligue. En rugby, l’équipe de France, dont Abdelatif Benazzi est capitaine et Serge Betsen en première sélection, réalise le grand chelem en 1997. Le handball n’est pas en reste, et l’équipe nationale gagne la médaille d’or aux championnats du monde en 1995 derrière le Réunionnais Jackson Richardson, élu meilleur joueur mondial de l’année. Dans les sports individuels, la France rayonne également, grâce à l’athlète sénégalais Stéphane Diagana ou encore à Roxana Maracineanu, née en Roumanie, qui devient en 1998 la première Française à être championne du monde de natation, et surtout à Marie-José Pérec, qui truste tous les podiums olympiques. Le judo est dominé mondialement par David Douillet, qui prépare une nouvelle génération de champions, dont Teddy Riner sera l’emblème alors que le Finlandais Petri Ylonen garde les buts français au hockey sur glace. Dans le champ politique, malgré les interrogations sur l’efficacité du sport en ce domaine, la volonté d’en faire un « moyen d’intégration sociale » est largement partagée par les gouvernements. Les sports de « combat » et le basket de rue — s’inspirant des États-Unis — s’affirment et croisent l’univers des cultures urbaines. Le football devient l’emblème de la « France qui gagne ». En 1993, l’Olympique de Marseille devient le premier club français à gagner la Ligue des champions, avec des joueurs venant de tous les horizons dont Basile Bali. Rudi Völler est Allemand, Alen Bokšic Croate, Abedi Pelé Ghanéen, Jocelyn Angloma est Guadeloupéen, Éric Di Meco est d’origine italienne et Basile Boli d’origine ivoirienne. La victoire de l’équipe de France à symbolise cette décennie, et porte à travers elle le slogan à la mode de génération « Black-Blanc-Beur ». Elle est révélatrice de la diversité des joueurs qui la composent comme de la diversité de la France. Cette victoire — symbolisée par les buts de Lilian Thuram et ceux de Zinédine Zidane — engendre une liesse populaire inédite depuis la Libération.

© William West
© William West

Abdelatif Benazzi, d’origine marocaine, lors d’un match de la Coupe du monde de rugby [Royaume-Uni], photographie de William West, 1999.

© Presse sports
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L’équipe française masculine de handball aux Jeux olympiques de Barcelone, photographie, 1992.

© Presse-Sports-L’Equipe
© Presse-Sports-L’Equipe

L’équipe de France célébrant sa victoire lors de la Coupe du monde de football au Stade de France [Saint-Denis], photographie de Patrick Boutroux, 1998.

© William West
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Abdelatif Benazzi, d’origine marocaine, lors d’un match de la Coupe du monde de rugby [Royaume-Uni], photographie de William West, 1999.

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Focus évènement

 

La coupe du monde de football en France

En 1998, la France accueille, pour la seconde fois de son histoire, la seizième édition de la coupe du monde de football. L’équipe de France est représentative de la génération «Black-Blanc-Beur», composée du Guyanais Bernard Lama, du Ghanéen Marcel Desailly, du joueur d’origine arménienne Alain Boghossian, du Néo-Calédonien Christian Karembeu, des Antillais Nicolas Anelka, Thierry Henry ou Lilian Thuram, du Tunisien Sabri Lamouchi ou du Franco-Argentin David Trezeguet, d’Ibrahim Ba originaire du Sénégal, et enfin de Zinédine Zidane, franco-algérien, qui inscrit deux des trois buts de la victoire et reçoit le Ballon d’Or cette année-là.