Sports et diversités en France
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Vers l’égalité homme-femme ? (2000-2009)

« Tony Parker n’est plus seulement un champion de son  époque, son oeuvre appartient à la pléiade sportive. »

Arnaud Lecomte, 2013

 

Au début des années 2000, le sport féminin connaît une médiatisation et un engouement croissants, y compris dans des sports collectifs (comme le football) ou dans les sports fortement télévisuels comme le tennis, le golf, le ski alpin ou l’athlétisme. Deux talents incroyables ouvrent la décennie : la tenniswoman Mary Pierce, née au Canada, d’un père américain et d’une mère française, en remportant son deuxième tournoi du Grand chelem lors du tournoi de Roland-Garros en 2000 et Céline Lebrun, judokate d’origine martiniquaise, qui devient vice-championne olympique en 2000 à Sydney. Dans le même mouvement, la Guadeloupéenne Muriel Hurtis remporte le 4x100 mètres aux championnats du monde en 2003, et la nageuse Malia Metella, née à Cayenne, remporte en 2004 le championnat du monde de 100 mètres nage libre, précédant Laure Manaudou dans le panthéon de la natation française. Enfin, la Russe Marina Anissina est championne olympique en 2002 avec Gwenadal Peizerat en patinage artistique. Les femmes se démarquent également dans les sports collectifs : l’équipe de France féminine de basket-ball gagne les championnats d’Europe en 2001 et 2009 et l’équipe de France féminine de handball devient championne du monde en 2003. L’apport de l’immigration et des outre-mer est fondamental dans l’émergence médiatique du sport féminin, révélant une pratique sportive de plus en plus dynamique. La boxeuse Aya Cissoko, d’origine malienne, championne d’Europe et du monde de boxe amateur en 2006, illustre bien les parcours diffciles de ces pionnières issues de la diversité dans le sport de haut niveau, notamment dans des sports de tradition masculine où avait brillé, dès 2003, le boxeur d’origine iranienne Mahyar Monshipour, champion du monde des super-coq (2003-2006). Malgré ces destins hors normes, une inégalité de représentation existe toujours dans les médias. Inégalité qui tend à se résorber, grâce à des femmes telles que Nawal El Moutawakel, aujourd’hui vice-présidente du CIO. Durant cette décennie, des figures marquantes du sport masculin s’inscrivent au panthéon national. Les performances de Tony Parker, d’origine américaine et néerlandaise, trois fois champion de la NBA, ne passent pas inaperçues, tout comme celles des frères martiniquais Fabrice et Jérôme Jeannet, médaillés d’or à l’épée par équipe lors des Jeux olympiques de Pékin en 2008, ou encore l’équipe de France de rugby, qui gagne le tournoi des six nations quatre fois de 2004 à 2010 grâce, notamment, à Dimitri Yachvili, d’origine géorgienne et à Thierry Dusautoir, son capitaine. On pense aussi à Nikola Karabatic en handball, qui médiatise son sport grâce à ses exploits, à Ladji Doucouré, champion du monde du 110 mètres haies et du relais 4×100 mètres à Helsinki, ou à Eunice Barber, originaire de Sierra Leone, qui a dominé l’heptathlon durant une décennie.

© Presse Sports
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La Germano-Camerounaise Emmeline Ndongue et la Russe Rebecca Hammon aux Championnats d’Europe de basket-ball [Lettonie], photographie, 2009.

© Getty Sport
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Victoire de l’équipe de France féminine de handball aux Championnats du monde [Croatie], photographie, 2003.

© INSEP
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Alain Mimoun et Eunice Barber [née au Sierra-Leone], photographie, 2008.

© Presse Sports
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La Germano-Camerounaise Emmeline Ndongue et la Russe Rebecca Hammon aux Championnats d’Europe de basket-ball [Lettonie], photographie, 2009.

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Focus évènement

 

Handball et basket-ball au féminin

C’est avec l’apport de nouveaux talents issus de la diversité tels que Nodjialem Myaro originaire du Tchad, Mélinda Jacques-Szabo d’origine hongroise, Stéphanie Ludwig d’origine marocaine, Leila Lejeune de La Réunion ou Myriam Saïd Mohamed des Comores, que l’équipe de France féminine de handball parvient à gagner les championnats du monde organisés en 2003, tandis que l’équipe de France féminine de basket — composée d’Émilie Gomis originaire du Sénégal, Emmeline Ndongue originaire d’Allemagne et Isabelle Yacoubou du Bénin, mais aussi Pauline Krawczy d’origine polonaise et Sandrine Gruda de Martinique — obtient son second titre de championne d’Europe six ans plus tard, en 2009.